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APOLLINAIRE
Sous le Paris pluvieux de 1912, dans un bar Guillaume Apollinaire s’amuse avec ses amis. Il tient une valise sur ses genoux.
Eméché tout en tenant toujours fermement sa valise dans les bras, il titube vers le comptoir, une jeune femme s’approche et lui sourit. Il se détourne de sa valise pour parler à l’inconnue.
Un ami du chantre s’empare de la mallette pour le taquiner. Il se lève précipitamment pour lui arracher la valise des mains. Toutes les personnes du bar et la jeune femme du comptoir sont surprises. Un silence s’installe. Apollinaire embarrassé, pour ne pas perdre la face, ouvre sa mallette et improvise une démonstration d’alchimiste.
Il en sort tout un tas de brique à braque ; des tubes à essais de tailles et de couleurs différentes, poudres, chalumeau, ustensiles de chimiste. Il crée la curiosité et l’effervescence autour de lui. Après une démonstration de chimiste amateur, il obtient un flacon noir, il se tourne, semble vouloir chercher quelque chose, une amie s’approche en lui tendant un flacon de parfum. Il en renverse le contenu et le remplit de son liquide.
La tension est palpable, il se dirige vers le comptoir et commande une bière. Le barman lui sert une pinte à la tireuse. C’est ici que le poème commence à être chanter par le poète à la façon des compositions de Francis Poulenc dans son Bestiaire.
Apollinaire asperge la tireuse du parfum et des formes orphiques sortent de l’embouchure, quand elle s’arrête, les formes arrêtent de se développer et reste suspendues dans le vide. Le parfum transformerait donc les sons en formes et couleurs.
Les gens applaudissent à cet exploit. Le poète toujours passablement éméché s’enorgueillit. Compulsivement il asperge tous un tas de bruits, des verres qui tintent, des éclats de rires, les musiciens, les onomatopées… Les formes envahissent l’espace et ravagent tout sur leur passage. Certains en rient mais d’autres en colère le jettent dehors.
Apollinaire s’en repart chez lui, ivre et heureux, hoquetant de petites formes orphiques, qu’il laisse sur son sillage.











